28.11.2011

Demain commence aujourd'hui

Après trois ans, trois années d'études et de vie dans quelques mètres carrés dans la ville du Roi-Soleil, j'entre enfin dans la Capitale. Et il est temps d'entrer également dans le monde des adultes.
J'ai changé. Peut-être grandi. J'ai des cheveux blancs et quelques rides. Je me sens si vieille, et pourtant on me juge trop jeune. J'avance tout doucement vers le quart de siècle, et je me sens particulièrement inutile au monde. Il y a toujours pire que soi, mais je me plais à rester un peu égoïste...
J'ai besoin d'écrire, même si pour l'instant tout se brouille dans ma tête. Ca va revenir.
Très bientôt.

25.09.2010

Le Soleil a rendez-vous avec la Lune

Après son passage express derrière les barreaux de ma fenêtre, la lune, toute ronde et si blanche, est repartie pour un tour. Dans le noir, elle s'amuse à éclairer mon lit, quelques heures, quelques instants. Cette lumière si étrange, phare dans les ténèbres, me réveille chaque nuit.
Parfois, à l'horizon, on aperçoit une lumière, comme une aube impatiente. Ce n'est que le reflet du soleil sur la face cachée de notre petite planète, mais c'est aussi l'espoir que le jour reviendra toujours. C'est grâce à cette idée que certains parviennent à se coucher chaque soir et se lever chaque matin sans avoir envie de goûter au néant.
Et puis... mêmes invisibles, les étoiles sont présentes, mortes et vivantes à la fois, telles les chatons de Schrödinger. L'Univers est si plein de promesses, tenues, rompues, à venir, et nous n'en sommes qu'une si petite partie.
Réflexions de solitaire, de soleil en devenir, supernova en puissance. Qui un jour sera trou noir, dévorant tout, aspirant même le temps, et ne laissant dans son sillage que poussière d'étoiles, prémices d'un nouveau monde.

07.07.2010

God's shadow

Si Dieu existe, il habite dans les nuages et aime jouer aux ombres chinoises.

Dans un phénomène explicable scientifiquement, nos ancêtres voyaient l'emprise que le monde avait sur eux, la liberté qu'on ne peut jamais conquérir, enchaînés qu'ils étaient à ces formes noires tellement semblables à eux. Pourtant, il ne faut pas oublier que nous restons aux commandes, et que c'est à elles de nous suivre.
L'ombre de Peter Pan est un modèle à suivre : et si nous discutions ?

Nous y voyons notre côté sombre, incontrôlable et dangereux, et cherchons tant à fuir qu'elles ne nous lâcheront jamais.
Mais le seul moyen de perdre nos ombres, c'est d'éteindre la lumière, car sans elle l'obscurité qui les forme n'est rien.

05.03.2010

Voleuse

C'est ce qu'elle est. Kleptomane. Une envie, plus forte que toutes les convenances, que la morale, que la conscience.
L'envie de tendre la main et de prendre, de soustraire à la vie, à la garde des autres, des objets tout ce qu'il y a de plus banal, mais qui en un instant deviennent vitaux, plus importants que tout ce qu'elle a déjà.
Jamais rien d'important, de cher, de sentimental. Des règles ? Non, une évidence. Seulement des choses qui ne manqueront à personne.
Elle ne s'est jamais fait prendre. Elle se fait oublier, personne ne la regarde, ne la voit, et si jamais c'est le cas, elle ment plutôt bien. Elle s'en sort toujours. Peut-être qu'un jour elle se fera prendre, mais pas encore. Pas encore.
Petits secrets. Petites manies dont elle n'est pas fière, mais personne à part elle-même ne peut lui dire que c'est mal. Elle a essayé d'en parler à plusieurs personnes, mais toutes se sont montrées admiratives plutôt qu'en colère, ou effrayées. Le dire à se famille, jamais, ça ferait plus de mal qu'autre chose, à eux tous, car cela troublerait tellement l'image qu'ils ont d'elle qu'elle ne pourrait plus rester avec en sachant qu'ils savent.
Elle s'en sortira seule, comme pour tout ce pan de sa vie. Le pan qui n'est pas conforme à la norme, qui dérange. Qui reste dans l'ombre depuis son apparition, et qui n'en sortira jamais. Elle fera tout pour. Parce qu'on peut aller contre sa nature, si c'est pour préserver son bonheur.

25.02.2010

Besoin de quelqu'un ?

J'ai réalisé, depuis quelques temps, qu'autour de moi la question de l'amour revenait de plus en plus souvent. Ritournelle lancinante de "et les amours ?", de "quand tu ramèneras quelqu'un" ... Mais si je ne trouve personne ?
Ou plutôt, si je n'ai envie, voire même besoin de personne ? Quelle est la pire situation ? Penser qu'on est mieux seule et ne pas pouvoir faire autrement ? Et si je ne savais pas aimer ? Aimer d'amour, pour un inconnu, un connu qui deviendrait autre, mais aimer différemment de la famille et des amis.
J'ai déjà été amoureuse, je le sais, j'ai eu trop mal au coeur pour ne pas le reconnaître. Il y a eu des histoires ajournées, écourtées, ratées, désespérées. J'ai eu des occasions, des envies, mais qui partaient si vite, sans rien laisser derrière elles...
L'amour, celui qui fait tant de bien et de mal à la fois, je ne le connais pas. Ce n'étaient que des erzats, des avant-goûts.
Autour de moi se multiplient les histoires d'amour, les coups de coeur, mais je ne ressens rien. Je me sens bien seule, et si je vois les avantages d'être avec quelqu'un, je vois surtout les inconvéniants. Alors je ne me force pas, je me lasse, je laisse. Je fais souffrir, et j'en souffre. Mais ça me ferait encore plus mal de réaliser trop tard qu'il ne s'agit pas de la bonne personne.
J'ai peur.
La personne rien que pour moi n'est pas encore entrée dans ma vie.
J'ai peur de ne jamais la trouver.

21.11.2009

Demain

Je suis fatiguée. Juste fatiguée. Je dors trop, mais jamais assez. Je voudrais pouvoir rêver.

Tout ira mieux demain. Je sais qu'avec le soleil tout s'arrangera. Ma fatigue s'envolera, mes yeux ne me piqueront plus, et je pourrai sourire à nouveau. Je pourrai sentir le vent contre mon visage, tendre les bras et m'envoler, comme si rien ne pouvait plus me toucher. J'oublierai les problèmes idiots de ma vie, et je sourirai au monde, à moi-même. Tout deviendra facile, grâce au vent et à ce petit rayon de lumière qui me fera la joie de me toucher, une fois, un instant si court mais si encourageant.

Tout ira bien. Le malheur a une fin.

22.09.2009

Courant

Certains moments, j'ai l'impression de ne rien faire de ma vie. Impression de me laisse porter par le courant des gens autour de moi.
Un courant tranquille, où je peux avancer sans avoir besoin de nager.
Ca me fait un peu peur de penser ça, parce que cela veut dire que je suis inutile. Je crois que j'ai surtout peur de ce que je pourrais accomplir et devenir. Peur de vivre et de décider, de faire le mauvais choix, de faire des erreurs et de ne pas être capable d'apprendre d'elles.
Et pourtant, je suis tellement orgueilleuse...

10.07.2009

Toujours comme ça

Aller.
Retour.
Encore une fois.
Un train, un autre. Foule.
Secouée, poussée, endormie, "dégagez !" "pardon..."
Les yeux brouillés, à nouveau la foule. Un pas, un autre, une sonnerie. Encore un train ?
Dormir, sursauter, se réveiller. Courir. Oublier un sac, crier, y retourner, "attendez !"
Respirer. Sangloter. Marcher, se trainer. Monter, souffler, une clé et s'écrouler.
Dormir. Oublier. Non, d'abord vider la valise, le sac, la tête. Se dépêcher, un peu, s'allonger.
Rêver.

03.06.2009

Don't be angry - The Organ

podcast

I have to sneak in and put on your clothes
You will know where I’ve been
But I need the protection
Oh what a strange and miraculous thing
Finally recognise what is driving me crazy

All that I want was here now it’s gone
All that I want was here now it’s gone
Don’t be angry
I don’t disagree
It is clear that I left
My clothes on the highway

And I’d like to know
If you ever told
You said if I could have once
Given your life some meaning

All that I want was here now it's gone
All that I want was here now it's gone
All that I want was here now it's gone

Don’t be angry
I will die lonely
Don’t be angry
I will die lonely
Don’t be angry
I will die lonely
Don’t argue
'Cause you will see
That I will die so very lonely
Don’t be angry
Don’t be angry

17.05.2009

Today

Aujourd'hui, c'était la journée mondiale contre l'homophobie.
Je suis à placer dans la catégorie, par rapport à l'homosexualité, "pas contre, mais désolée, pas intéressée". Mais même si je ne suis pas concernée personnellement, j'essaie de montrer à ceux qui m'entourent que ce n'est ni une tare, ni un accident, ni dangereux. Et c'est dur de prendre parti : un bruit qui court, rien ne peut l'arrêter, même la vérité. Pourtant, cela m'importe peu d'être cataloguée, car après tout, je sais qu'il y aura toujours quelqu'un pour m'accepter telle que je suis.

Allez lire ces notes : http://djou-bd.over-blog.com/ et écoutez cette chanson : http://www.deezer.com/#music/result/all/sardou%20privilège

07.05.2009

Remise en question

Cliché 2009-05-07 13-38-22.jpg
http://djou-bd.over-blog.com/categorie-10569031.html

J'aurais aimé être un garçon juste pour pouvoir en embrasser un autre, et sentir l'interdit dans le regard des gens. Juste pour pouvoir défier quelqu'un, et ne plus être quelqu'un de "normal".
Mais l'idée que je sois capable de donner la vie suffit à me faire oublier le monde, et mes idées d'impossible.
J'aime ce que je suis.

24.04.2009

Speak to the devil

Marcher le nez au vent dans les rues polluées, ensoleillées. Respirer la foule et le bruit. Penser que le calme sera bientôt là, dès le crépuscule. Réaliser que non, personne ne semble dormir ici. Jour et nuit, la seule chose qui change, c'est la nature de la lumière, naturelle contre artificielle. Les hommes sont également différents, comme si la lune révélait ce qu'il y a de plus étrange en eux. Attendre l'heure. Réfléchir au pourquoi du comment, penser que quand et où sont suffisants, argumenter, peser, repasser les derniers jours, semaines, mois, ouvrir les yeux. Avoir froid tout à coup, envie de rentrer. Une main sur l'épaule, un frisson. Bégayer, réussir à parler, à répondre.

- Allez, viens...
- Je... Finalement... Je ne vais pas venir, desolée.
- Quoi ? Qu'est-ce qui te prends ? Viens !
- Non, laisse-moi, je ne veux plus y aller !

Courir pour se réchauffer, courir pour vivre et continuer à respirer. Courir et se réfugier dans un endroit éclairé. Courir et se jurer de ne plus jamais le chercher, jurer de l'oublier, lui et son monde sans lune ni étoiles, ce monde de brumes et de ténèbres. Espérer trouver le courage de tenir cette promesse, de résister à la tentation de ses bras. Pleurer.

19.04.2009

So long good bye

Marcher, traîner les pieds. Avancer, s'éloigner. Se retourner encore une fois, ne pas pleurer. Surtout, ne pas montrer de larmes, juste un sourire. Laisser dans ses souvenirs un sourire heureux, une belle image de ce qu'on peut être quand on est ensemble. Se retenir de courir se jeter dans ses bras, agiter la main, dire au revoir, adieu, espérer que le temps passera plus vite et que la douleur de la séparation sera moins vive que la dernière fois.

30.01.2009

up and down

Humeur de chien, temps de chien. C'est l'heure de pleurer.
Un peu de gelée royale, de vitamine C, de bicarbonate de soude pour digérer, et c'est reparti.
Deux heures moins le quart avant le début, avant de lever le voile, avant de rire (à nouveau).

Envie de poésie, de Cercle des Disparus, de Captain, my captain !
Envie de soleil.
Envie de sang.
Eternel recommencement.

Les mots des autres tournent, entourent et s'enfoncent. Rien de neuf. Milk-shake de déjà-vu, confiture d'esprits différents.
Caricature.
Imposture.
engelures...

19.01.2009

Mûre

Elle a tout laissé derrière elle, ne s'est pas retournée plus de quatre fois. Il faut suivre ses pieds.
L'Avenir avec une majuscule, celui qui n'attend pas : elle doit courir pour l'attraper. Elle qui s'essouffle d'un rien... Vite, plus vite, tout lui passe sous le nez et elle ne peut même pas s'arrêter pour savourer.
Louvelle a le coeur sec, les yeux pleins de larmes amères. Elle a grandi. Trop. Elle a du mal à rire maintenant, ça fait mal. Plus personne ne l'écoute, sauf Maman. Elle parle au Silence, à la Musique, au Vent, à Paris. Dans l'immeuble hanté où elle doit habiter, elle n'entend rien, sauf le parquet qui craque. Elle tourne en rond dans sa petite chambre exprès pour tuer le Silence. Après tout, il ne répond jamais.
Et puis... Louvelle est une créature de la nuit. Le jour elle se cache, rasant les murs, habillée de noir, camouflage. On l'oublie. Tant mieux ?

14.01.2009

l(')arme

ça va, ça vient
ya rien qui va et tout revient
rien ne marche, tout court, et je reste immobile
au beau milieu du monde
comme un oiseau tranquille
sans chercher une seconde
à vivre, vivre encore et toujours
en n'espérant aucun secours

car j'avance, je recule
sans jamais rien voir
même pas la virgule
dans les mots du monde
qui pour briser le miroir
s'essouffle à chaque seconde

je ne pleure jamais
sauf quand il le faut
et je peux mourir en paix
lorsque que s'écoule le sel de l'eau

j'ai voulu voir ce qu'ils cachaient
et combattre pour la vérité
j'ai cherché à vivre comme je le devais et
j'ai fait des erreurs comme eux l'ont fait
mais je n'ai pas eu le droit
de prendre ce qui était à moi
j'ai pu seulement contempler
ce dont je rêvais

pourquoi les mots ne songent-ils qu'à eux-mêmes ?
pourquoi les questions reviennent-elles sans cesse ?
pourquoi je ne demande que ça ?
pourquoi, pourquoi, pourquoi ?
parce que je ne suis rien
parce qu'à mon cou est attaché la laisse
que chaque humain porte en vain
jusqu'à ce que la vie efface ceux qui aiment

(14/02/08)

14.12.2008

Intensité

L'esprit vide, laisser ce qu'on a à peine commencé, 
se dire "tant pis !" et s'envoler.
Changer de couleur, de ton, de sexe.
Tout changer et rester soi-même.
Garder la foi et perdre la vie ? Retrouvailles au paradis.
Chercher à prendre, arriver à donner.
Vouloir mourir, pouvoir donner la vie.

Envies.

07.12.2008

Au nom de quoi ?

Ferme les yeux.
Pense à ce que tu es. Pense à ce que tu fais.
Pense à ceux que tu as créé, façonné à ton idée, à ta volonté.

Humanité dévergondée par ton esprit perverti, délaissée à l'instant de sa naissance, parce que tu t'en es vite désintéressé, vite lassé d'en prendre la responsabilité. Tu as décrété qu'une fois faite, elle ne serait qu'avec elle-même, dans sa multitude et sa solitude. Après des millénaires de mythes, tu es trop bien installé pour avoir le courage d'aider. Les hommes t'adressent tant de désespoir, te vouent des chants et des massacres, mais il y a longtemps que tu as décidé que tu ne serais qu'une icône, qu'un nom : c'est ce que tu es aujourd'hui, pour des siècles et des siècles, et pour ta plus grande gloire.

03.12.2008

Un jour, nous aussi...

Tant qu'ils avancent, ils sont en sûreté.
Parce que ce qu'ils portent en eux peut tuer le monde.
Parce qu'ils sont les derniers de l'Humanité décimée.
Parce qu'ils sont décidés à se battre, à reconstruire, à survivre. A revivre.
Que s'est-il passé ? Personne ne le sait. La seule chose sûre, c'est qu'il ne suffit plus de se cacher pour résister. La seule chose sûre, c'est que l'Humanité doit payer sa dette. La seule chose sûre, c'est que tout doit finir.

"Si la Terre meurt, vous mourrez.
Si vous mourrez, la Terre survit."
Le jour où la Terre s'arrêtera

07.10.2008

Rien à dire, rien à écrire

C'est exactement ça. Ma tête est vide, mon coeur en balade, mes mains tremblotantes. Je me sens seule. Abandonnée. J'ai froid. Et pourtant je sais qu'il existe une source de chaleur dans cette vie. Mais elle est tellement loin... Et je l'ai quittée de mon plein gré, sans savoir que je grelotterai autant sans elle. Je suis fatiguée, et je veux juste rentrer chez moi. Je suis pathétique, à me plaindre ainsi, mais si je ne le faisais pas je craquerai, je sauterai dans le premier train qui part vers le sud et je crierai Liberté ! En mettant par écrit ce qui me broie le coeur (pourquoi suis-je partie ?), je peux penser à autre chose, pendant quelques minutes. Je peux me dire que sans ce déchirement, je ne pourrai pas avancer, je ne pourrai pas penser à l'avenir. J'ai tant voulu que le temps s'arrête, et continue à me préserver de la vie.
Je sais aujourd'hui qu'il ne faut pas fuir, mais se laisser porter. Et pour ça, il faut tout quitter, et même si l'on revient, ce n'est jamais plus pareil. Parce qu'on connaît le sentiment de solitude. Et que rien ne peut le faire oublier.

23.09.2008

Vol de nuit

"Quel est l'auteur de romans ou le héros qui vous a marqué, fasciné, ou provisoirement éloigné de la littérature ?" Qui décide de ce genre de thème pour les concours, s’il est bon ou pas ? 

Et puis que répondre à cette question lorsque tant de personnages, tant de situations, tant de mots vous trottent dans la tête, se mélangeant allègrement pour mieux vous emporter ? La difficulté se situe dans le choix. Tous les personnages que j’ai remarqué plus que d’autres sont fascinants, mais rarement tous pour la même raison. Le courage de l’un, la description de l’autre, les actes d’un troisième… Lorsque ce n’est pas un personnage, c’est le livre dans son ensemble qui m’impressionne et se grave dans ma tête. C’est dur de sélectionner, de me dire que « je dois n’en prendre qu’un », parce que chaque livre, chaque héros, héroïne ou second rôle me laisse un souvenir, vivace ou ténu, mais bel et bien présent. Je vais donc essayer de choisir, sans vraiment pouvoir le faire. Et puis il faut dire que des fois, il n’y a pas vraiment de raison au fait d’aimer tel ou tel livre. C’est comme ça, c’est tout.

Il y a des livres, des héros qui n’ont besoin de personne pour exister. Des héros de la réalité. L’un de ceux qui m’ont marqué s’appelle Jean-Dominique Bauby, et lui n’a pas été imaginé par qui que ce soit. Réel, de chair et d’os, et enfermé à l’intérieur de lui-même. Et il a parlé, depuis ce qu’il appelle le scaphandre qui lui sert de corps, avec le sarcasme et l’assurance que tous les hommes portent en eux, au moins une petite graine. Celle qui ne germe que de temps en temps, juste un instant pour dire les bons mots au bon moment, et qui retourne hiberner aussitôt l’instant de gloire passé. Et Bauby, dans ce livre, l’a fait non seulement germer, mais fleurir. Court, léger et pourtant tellement lourd de sens, le Scaphandre et le Papillon laisse une grande trace qui n’est pas prête de s’effacer.

Il y a aussi des héroïnes. Celle qui m’a marqué hier s’appelle Emmanuelle Laborit. Sourde et muette. Dans son Cri, elle parle du monde des sourds et d’elle-même. Elle parle et j’aurais voulu la voir signer tout ce qu’elle a écrit. Et la lire plus tôt aussi. J’ai plus de dix ans de retard. De la même façon que l’actrice sourde dont le nom-signe est un soleil qui part du cœur, grâce à Armand Pelletier, dans Moi, Armand, né sourd et muet, son autobiographie, les sourds ont une voix. Les trois millions qu’ils sont en France ne sont devenus réels pour moi que l’année dernière seulement, parce que ma sœur s’y est investi. Aujourd’hui je voudrais les défendre à mon tour, leur prêter ma voix. Et parce qu’un sourd est plus bavard avec ses mains et son corps que n’importe quel entendant avec ses cordes vocales et son nerf auditif fonctionnel, je voudrais qu’on les écoute. La surdité est, après tout, le seul handicap physique qui ne se voit pas lorsqu’on croise une personne qui vit avec.

 Et puis, il y a cette phrase, qu’on a fait grimper au rang de proverbe, et qui dit que le rire est le propre de l’homme. Je dis qu’on peut bien rire, mais que la hyène le fait aussi. Pour moi, ce qui fait un être humain, c’est son imagination. Car si les hommes ne savaient pas imaginer et relativiser, ils ne pourraient même plus rire. Une bonne blague, c’est parce qu’on se la représente et qu’on l’imagine qu’on peut en rire. C’est l’imagination qui amène à la création, à l’écriture.

Il y a tant de héros qui peuvent marquer quelqu’un. Et d’ailleurs, qu’est-ce qui rend certains personnages plus attachants que d’autres, ou plus détestables ? Qu’est-ce qui fait que beaucoup de gens vont lire tel livre, en dédaigner tel autre, critiquer celui-ci, ne pas pouvoir finir celui-là ? À quoi décide-t-on qu’un livre mérite un prix, et son auteur la consécration ? Il faut savoir que si l’on demande à des passants quel est le livre qu’ils ont préféré, et surtout pourquoi lui parmi tant d’autres, la majorité d’entre eux ne saura pas répondre. Et puis… Il suffit d’avoir la curiosité d’ouvrir un nouveau livre dès qu’on a terminé celui qui vient d’être proclamé « préféré », et il y a beaucoup de chances pour que celui-ci soit relégué aussi vite qu’il a été consacré. Il y a tant de manuscrits qui sont noyés dans la foule des best-sellers (qui n’en sont parfois que parce qu’ils ont bénéficié d’une large publicité) et qui peuvent, avec un peu de chance, devenir LE livre.

Il y a le premier livre dont je me rappelle vraiment, L’œil du loup, parce que j’entamais ma période rebelle et que je retrouvais dans l’espièglerie de Paillette, la sœur du Loup Bleu, et aussi dans ce petit garçon que tout le monde écoute, à la seul différence que moi je parlais pour ne rien dire, et lui pour tout dire. Pennac a dans la voix, les mots, ce soupçon de gaminerie, mélange de cruauté enfantine et de tendresse qu’ont la plupart des adultes en voyant un petit garçon, une petite fille courir, tomber, et réaliser que oui, ça fait mal, et qu’il vaut mieux éviter de recommencer. J’aime cet auteur. Cabot-Caboche est un beau souvenir, la saga Malaussène un énorme éclat de rire à cause de ses dialogues piquants et de la vision d’un bouc émissaire professionnel.

Mais ce n’est que le premier. Parler de chacun me prendrait autant de temps que j’en ai mis pour tous les lire. Au final, pour essayer de répondre à cette question, la seule chose que je peux dire, c’est que tous ont laissé une trace, tous m’ont marqué de manière indélébile. C’est pour ça que j’ai toujours beaucoup de plaisir à les relire. Et parce qu’il y a tant de livres déjà publiés, personne n’a le temps de tous les lire dans une vie. Dommage.

Cette question, j’ai eu du mal à y répondre, et je ne doute pas être la seule, parce qu’elle ne s’adresse pas vraiment à moi, mais à tout le monde, et qu’il n’y a pas qu’une seule réponse non plus. Je lis beaucoup, jamais trop, jamais assez, mais plus que ce qu’il me faudrait pour pouvoir choisir ou être vraiment fascinée par un seul parmi la multitude. Aussi je reste vague, et mon héros est un vrai mélange de tous ceux que j’ai lu, de tous ceux avec qui j’ai avancé jusqu’au livre suivant. Je voudrais passer ma vie à lire tout ce qui passe devant mes yeux et ne les fermer que de fatigue, pour pouvoir rapidement les rouvrir et continuer à déchiffrer les mots dès que je serais assez reposée.

Tous m’ont apporté quelque chose. Le Seigneur des Anneaux me fait rêver depuis que j’ai douze ans, L’Assassin Royal depuis mes quinze ans. La Tour Sombre m’angoisse et me fascine toujours un peu plus, si bien que j’en suis à la neuvième relecture. La Horde du Contrevent, avec toutes les voix qui la composent, m’invite à la rouvrir sitôt refermée. Erik L’Homme et Philip Pullman ne cesseront jamais de m’émerveiller, car c’est lisant le Livre des Étoiles et ¿ la Croisée des Mondes que j’ai compris nombres de valeurs humaines et que j’ai pu grandir. J’étais un peu amoureuse de Guillemot et de Will, aussi.

Je dois parler du Monde selon Garp aussi, qui m’a incité à ouvrir les autres livres de John Irving et à l’apprécier, parce que je le trouve à part, décalé, intouchable mais touchant. Il faut également que j’évoque Les Piliers de la Terre, de Ken Follet, une saga de plus de mille pages qui s’étale sur soixante ans, une famille entière, une ville, un mode de vie, tout cela à l’époque de la construction des cathédrales. Ce livre offre une vue sur le Moyen Âge que je n’ai retrouvé nulle part ailleurs, sauf parfois dans des documentaires, mais sans le réalisme de ce roman. Enfin, Barjavel. Ça se passerait presque de commentaires. Ravage garde ma grande préférence, car je me suis longtemps demandé après l’avoir lu comment j’aurais réagi, moi, à leur place.

L’année où j’ai eu quinze ans, j’ai découvert les mangas. Vous connaissez ? Vous aimez, vous détestez ? Pourquoi ? Je ne saurais pas moi-même répondre à ce pourquoi j’aime lire des mangas, mais je peux dire que j’en lis beaucoup. Si certaines séries sont créées avec un public spécifique visé (jeunes filles, jeunes garçons…), d’autres se démarquent par le simple fait de ne viser personne mais tout le monde à la fois, de par leur sujet, leurs héros, leur dessin… Jin en fait partie, ainsi que Transparent.

Le premier raconte l’histoire d’un neurochirurgien japonais de l’an 2000 transporté 138 ans dans le passé, à une époque où la médecine occidentale commence à se généraliser au Japon. Ce manga (qui ne compte pour l’instant que cinq tomes en France) conte les déboires de ce médecin qui va se démener pour sauver, avec les moyens du bord, le plus de gens possible. Jin Minakata va ainsi combattre des épidémies de rougeole, de choléra et de syphilis, trois des grands fléaux de ce temps, et décider de ne pas renoncer à sauver des vies, même si cela doit changer l’Histoire. C’est ce courage et cette volonté que le mangaka (l’auteur) a mis dans cette histoire qui me fait l’aimer, et la suivre avec impatience.
Le second est à part : ceux qu’on appelle les transparents, ce sont des hommes et des femmes, génies scientifiques, littéraires ou artistiques, qui sont atteints d’une malformation qui fait que l’on peut entendre toutes leurs pensées. Cette série en huit tomes suit les six transparents qui vivent au Japon, et montre comment nos sociétés sont basées autour du mensonge. De plus, cela fait réfléchir : et si c’était vrai ? Car dans le manga il existe une organisation gouvernementale qui s’occupe de protéger les transparents en contrôlant tout autour d’eux, les empêchant ainsi de savoir ce qu’ils sont. 

Il y a tant d’autres livres… Certains m’ont donné envie de vite les finir, d’autres de ne jamais arriver au point final. Ces livres-là, ce sont mes amours d’enfance et d’adolescence. Quels seront ceux de ma vie d’adulte ?

Sachez tout de même que rien ne m’éloignera de la littérature. Même les livres que j’ai eu du mal à ouvrir et qui me laissent un mauvais goût dans la bouche et dans le cœur lorsque je les ai enfin finis, je ne les ai jamais dénigrés. Si je peux monter jusqu’à huit livres commencés en même temps, il n’y en a jamais un que je laisse sans en connaître la fin.

Le fait est que dans les actes d’un personnage de fiction, c’est la voix de l’auteur qui se fait entendre. Aussi je retrouve dans ce héros des traits que j’ai lus dans un autre roman, écrit par le même homme, la même femme. Et puis il y a tant de livres que je n’ai pas encore lus, tellement d’autres que je lirai jamais, par manque de temps. Mais je ne m’arrêterai jamais à un seul livre, un seul auteur, une seule voix. S’il y a tant de livres, c’est bien pour qu’on les lise.

 

17.08.2008

100... moi ?

Que ferais-je si j'avais l'immortalité ?
Je lirai. J'apprendrai toutes les langues, je voyagerai. Je chercherai tout ce que me manque sans que je le sache. Et je chanterai.
Je n'oublierai pas d'écrire, de tout restranscrire sans faute, sans laisser une seule émotion de côté. Mais je sais que je voudrai mourir à un moment, qu'il soit donné ou non. Je ne pourrai pas vivre éternellement seule, sans personne. Et si je ne cherche pas toujours la compagnie, je ne manque jamais, jamais vraiment, de penser à ceux qui m'entourent. 
Je dormirai aussi. Beaucoup. Longtemps. Parce que j'en ai besoin. Besoin de rêver, d'apprendre et de comprendre.

28.07.2008

Birds can fly

Ca y est. L'oiseau quitte le nid, après vingt ans à battre inutilement des ailes. Il s'est envolé. Sa mère veut le retenir, s'inquiète de le voir voleter à tous vents. La nature est ainsi faite. Mais que les parents ne se fassent pas de soucis. Un oiseau retrouve toujours le chemin de son nid.

13.07.2008

Toi

Tu t'avances, tu attends.
Tu marches, tu tends la main, tu sens.
Tu cours, tu tombes, te relèves et recommences.
Toujours, toujours, tu es là.
Tu ne t'arrêtes jamais, même pour parler.
Tu suis le rythme du monde, tu suis les traces des hommes, de tes ancêtres, de ta famille.
Tu marques le chemin pour ceux qui te suivent, ceux qui te font confiance, ceux que tu guides là ils doivent être : tu es le seul à connaître la direction.

03.07.2008

...

Je ne sais plus trop quoi faire. Allongée sur le dos, la musique me fermant au monde, les larmes qui tombent jusque dans mes oreilles. Je tombe à travers le matelas, à travers le plancher, à travers chaque appartement, jusqu'au sol, jusque dans la terre, là où le feu brûle tout ce qui se refuse à lui, mon corps y compris.

13.06.2008

Et tu redeviendras poussière...

La poussière tombe, vole, soulève et enfouit à chaque mouvement un souvenir, une idée, un avenir. Cette poussière qui comprend le monde touche tout, est partout. Elle repousse certains hommes, en remplacent d'autres et attirent ceux qui restent.
Petit grain de poussière, comme le grain de sable, comme le grain de blé : il fait partie d'un tout qui ne sait même pas qu'il est là, parce que sans lui c'est pareil qu'avec lui. Il est si petit qu'on n'y pense même plus. Mais même un grain peut se faire entendre, sentir, voir. Parce qu'il dérange.
Dans une chaussure, le grain de sable gratte, car il est suffisemment gros, juste assez, pour être senti par un pied sensible. Le grain de blé est traqué par les oiseaux affamés et par le fermier. Mais le grain de poussière ? C'est la ménagère qu'il touche le plus. Hé oui, la poussière, c'est la saleté. Il faut vite l'enlever. Mais parfois, elle est nécessaire, pour cacher ce dont on ne veut plus entendre parler, ce qu'on ne veut plus voir mais qu'on arrive pas à jeter. Et elle peut être si jolie, lorsqu'un rayon de soleil vient l'aider...

10.06.2008

L

L, c'est Lui. C'est Le quelqu'un que tout le monde attend. Mais, Lui, c'est ce tout le monde qu'il attend.
Il a coupé ses cheveux fous, parce qu'il est malheureux. Celle qu'il aime ne l'aime plus. C'est simple. C'est douloureux.
Il se cache aussi, de chacun d'entre ses amis et de sa soeur. Et même s'il n'y a que le sang qu'ils ne partagent pas, ils s'aiment comme ça. Alors, lorsqu'il disparaît parce qu'il a trop mal, elle le cherche toujours, pour qu'il ne soit pas seul. Elle a peur qu'il continue à rester dans un coin, à pleurer sans larmes, surtout quand elle ne sera plus là. Elle doit partir mais c'est ce dont elle a le moins envie.
L passe inaperçu dans une foule. Il se faufile partout, et c'est dur de le suivre. Si J va a son rythme, L aussi. Le problème c'est qu'ils ne vont pas à la même vitesse. L ne s'arrête jamais. J n'a envie que de ça, trop souvent.

08.06.2008

J

J marche dans la forêt. Il aime cette odeur de nature, de neuf et d'ancestral mélangés. Et J aime marcher sans but, juste pour pouvoir lever le nez vers le ciel, vers la canopée de feuilles d'arbres, et se sentir bien.
J a toujours eu mal à la jambe, comme une petite plaie qui ne cicatrise jamais. Il a une troisième jambe, en métal, qu'il déteste et dont il ne peut pas se passer. J voudrait pouvoir courir. Il ne peut que marcher. Heureusement qu'il aime ça. Clic, clac... Trois jambes, une solide, une branlante, une sans laquelle il ne peut rien faire, pas même avancer.
J a son propre rythme. Il fait tout selon cette musique qu'il est le seul à entendre. Mais de temps en temps, il me prête un écouteur, et c'est moi qui devient sa troisième jambe. Nous marchons, ensemble, tranquillement. A son rythme.
Et tout va bien.

06.06.2008

M

Elle a peur.
Elle a la frousse, les jetons, les chocottes.
Elle tremble à l'idée de partir, de tout laisser et de ne pouvoir peut-être jamais revenir.
Elle sait qu'il le faut pourtant, parce que la vie est ainsi faite.
Mais elle ne l'accepte pas. Sans doute qu'elle ne l'acceptera jamais.
Elle pleure, à cause de toute cette douleur qu'il lui faut absolument cacher aux yeux du monde.
Elle a tout simplement peur qu'on l'oublie, et qu'elle ne puisse jamais retrouver le chemin de sa famille.

30.05.2008

...

J'ai mal à cause de mes lunettes. Elles appuient trop fort sur mon nez, et parce que j'en ai besoin, parce que sans elles je ne vois plus rien, je les endure. Petite douleur de la vie quotidienne. Petite douleur qui a eu dix ans hier. Petite douleur qui me suivra toute ma vie.

Je n'oublie pas que la haine est une énergie renouvelable, et chaque jour je combats avec cette haine au fond de moi.

27.05.2008

Wind of...

Le sirocco s'est levé ce matin. Chaud, brûlant même, il assèche la gorge et les yeux, fait tourner la tête et le coeur. Il donne envie de le suivre, de se laisser emmener jusqu'au désert, éternel présent que nous laisse le temps, et qui petit à petit nous ensevelit et nous étouffe, en se coulant autour de nous, vent-désert qui donne envie de pleurer.
C'est si doux, le sable, lorsque c'est un élément apaisé et tranquille du désert. Mais si le vent se lève, si la mer se laisse entraîner par le souffle et fait des vagues, c'en est fini de ce calme et de cette tendresse presque maternelle. Devenu violent, dépassant le stade de la colère, griffant, hurlant, mordant, le vent-désert peut tuer.

26.05.2008

Never sleepless

Louvelle aime dormir. Elle espère, de temps en temps, ne plus se réveiller, plonger dans un monde de rêves sans douleur, de cauchemars plus réels que la réalité, de calme et de folie mêlés. Elle sent que c'est un refuge, là où elle se sent en sécurité, et plus en confiance que nulle part ailleurs. Son lit est le bateau qui la guide loin, plus loin qu'elle ne peut l'imaginer, et elle déteste le quitter au petit matin.
Louvelle dort, et rêve sans cesse, tranquille, seule dans la nuit et entourée de toutes les couleurs du monde une fois ses yeux fermés.

23.05.2008

Beauty

Il faut souffrir pour être belle. N'y a-t-il pas aussi qu'il faut être belle pour souffrir ? Ce sont les plus belles des femmes qui connaissent le plus de chagrins d'amour, car sitôt qu'elles perdent leur jeunesse, on les abandonne. Je suis quand même contente d'être banale, et belle à ma façon, bien cachée derrière ma grande gueule, invisible et plus heureuse que je ne le réalise vraiment.

22.05.2008

N&B

J'aime l'ensemble que forment le noir et le blanc. Il gomme la plupart des imperfections que les couleurs mettent en valeur, et il fait tellement moins souffrir. Je sais que les couleurs sont importantes, et qu'elles sont la vie. J'aurais sans doute du mal à vivre sans elles. Et pourtant, certains jours sont tellement gris, teintés d'un subtil mélange entre ces deux non-couleurs, et douloureux surtout. Pendant ces jours-là, je n'espère voir aucune couleur, et je m'endors dans cette lumière sombre. Aujourd'hui, il n'y a eu qu'une toute petite touche de bleue autour de moi, et elle est devenue grise pendant que le temps passait.

Il ne m'a pas appelée.

13.05.2008

Alleï, il est ouite heures !

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Bruxelles, c'est vraiment sympa, surtout quand on tombe sur le bon week-end, celui où il fait super beau (30°C et un gros coup de soleil), où il y a la fête de l'iris et des concerts gratuits, une course de caisses à savon et du chocolat en veux-tu en voilà. Et au moins 3 kg rien qu'avec les odeurs de gauffres !!!

14.04.2008

Le Grand Nord ?

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Je la vois tous les matins et tous les soirs
Malgré le soleil je suis glacée
Elle me donne un peu d'espoir
Depuis mon siège du RER C
Paris me rend poète, c'est assez nul. Et cette vue-là, il n'y a que le premier jour où il faisait beau, maintenant c'est pluie, neige et même la grêle ! Je n'aime vraiment pas cette ville. Je veux rentrerchez moi !!!

09.04.2008

Qui est la flèche ?

Poteau indicateur. Voilà ce qui me correspond. Lorsque je marche dans la rue, il ne se passe que quelques minutes (un quart d'heure au plus) avant que quelqu'un, illustre inconnu, m'interpelle avec un sourire gêné pour me demander son chemin, ou l'heure, ou quoi que ce soit du même genre. Au début, c'était rigolo. Mais maintenant, bonne poire, je sélectionne. Après tout, j'ai le choix de la marchandise ! Mais tous ceux à qui je réponds repartent avec des indications, si ce n'est fiables, au moins correctes, qui les amèneront là où ils veulent, ou au plus près.

Mais qui m'aide, moi ?

04.04.2008

Enfin, l'aurore

Quelques rayons de soleil parviennent jusqu'à elle. Elle a les yeux rouges, pleins de sommeil, mais elle s'est refusé de dormir. Elle voulait penser. Mal de crâne.
Son oreiller est humide de ses larmes, froid de cette nuit. Doucement, elle l'amène jusqu'au soleil. Ca ira mieux. C'est déjà le cas.
La lumière a fait partir les mots douloureux, les silences pleins de trahison. Elle va pouvoir se lever et l'affronter.

10.03.2008

A bientôt

Demain, je m'en vais.
Je monte.
Je reviens bientôt, mais pas tout de suite.
Je vais vivre mon avenir.
J'avance.

Aaaah, Paris.

08.03.2008

crétins, crétin, crétine

Ce sont des idiots. Je ne les comprendrais jamais. Entre eux, c'est "je t'aime" et "moi aussi mais peut-être plus", ainsi que "attends mais tu peux pas me faire ça" et "c'est de ta faute de toute façon" ou encore "mais pourquoi tu veux qu'on arrête" "parce que tu m'aimes plus".
Je ne sais plus quoi faire.

28.02.2008

Un seul mot

Dis ?

 Oui ?

Qu'est-ce que tu voudrais pour ta majorité ?

 Toi.

Pourquoi ?

 Maintenant.

Pourquoi ?

"Devine"

27.02.2008

Vieil homme

Ses doigts ne ressemblent plus à rien.
Il a mal, sans cesse, sans trêve, qu'il fasse beau ou qu'il neige. Quand il pleut il tend ses mains, mais les gouttes refusent de les toucher. Ses mains restent sèches et brisées.

Il voudrait continuer à tout faire, le bois l'hiver, le jardin l'été. Il se morfond d'ennui quand arrive l'automne et le printemps, parce qu'on lui refuse de sortir. Ses mains pourraient prendre froid.
Le thermomètre est strié de petits traits noirs, repères qui lui permettent de sortir ou l'obligent à rentrer. Il faut le surveiller. Il aime se cacher, et monter dans les arbres du voisin. Lorsqu'on le trouve enfin, c'est souvent parce qu'il s'endort au milieu des branches et qu'il rêve trop fort.

Sa petite moustache orne sa bouche, et il ne l'utilise que pour chatouiller les enfants. Il adore se faire remarquer, avoir le hoquet et faire répéter au moins deux fois celui qui a parlé. Il est un peu sourd, mais plus comme une passoire que comme un pot. Il n'aime que les pots de confiture d'ailleurs.

Il sait qu'il partira bientôt. Il refuse de passer par la case départ, préfèrera voler la banque et tout nous laisser en croyant que ça nous rendra moins triste. Il a cessé de rouler le tabac dans sa petite boîte magique, parce que la boîte s'est cassée, et aussi parce qu'elle le tuait plus vite qu'il ne le voulait. Elle l'a même averti en le faisant tomber dans l'escalier.

C'est un vieil homme. Avec un enfant coincé dedans. C'est un grand-père qu'on ne veut pas quitter.

26.02.2008

Petite fille

Pauline est comme une petite fille, un peu trop sensible, un peu bêbête, et c'est ce qui la rend spéciale. Elle veut vendre des livres, partager son amour des mots qui roulent tous seuls sous sa langue, parce qu'elle aime lire à voix haute, autant que rire.
Et puis c'est dur de travailler, parce que le monde s'est ligué contre elle, pour la distraire et pour l'en empêcher de grandir. Elle sait s'effacer, mais elle écoute, et elle dessine beaucoup. Ses paroles sont souvent flottantes, inadaptées, presque dérangeantes, mais ça change les idées.
Pauline, c'est une petite fille qui dit que tout va bien quand tout va mal. Elle pleure sans pouvoir s'arrêter, et elle ne supporte pas la méchanceté.
L'ange qui veille sur elle est distrait, ne s'occupe pas vraiment d'elle, alors elle en cherche un autre. Elle n'est pas le rayon de soleil, mais plutôt la petite pluie qui amène un arc-en-ciel.

24.02.2008

Toujours cette question-là

pourquoi les mots ne songent-ils qu'à eux-mêmes ?
pourquoi les questions reviennent-elles sans cesse ?
pourquoi je ne demande que ça ?
pourquoi, pourquoi, pourquoi ?
parce que je ne suis rien
parce qu'à mon cou est attaché la laisse
que chaque humain porte en vain
jusqu'à ce que la vie efface ceux qui aiment

et cette question qui empêche de comprendre
comme une petite plaie qu'on ne peut s'empêcher
de lécher, de gratter
on désire la douleur qu'elle engendre
qu'elle apporte à un coeur blessé
qui ne saigne qu'en pensée
et qui ne peut se reposer

18.02.2008

Hair(spray)

Mes cheveux poussent.
Ils arrivent maintenant presque au même niveau qu'avant le passage des ciseaux à la barbare, quand j'avais treize ans.
Ils partent dans tous les sens, ils m'emmerdent, je les accroche partout, sous la bretelle de mon sac, quand je m'assoie, n'importe où, et j'aime ça. Je ne vois plus maintenant mon visage autrement qu'encadré par la masse noire qui ne semble pas tenir en place.
Et puis, je peux me cacher derrière, et les faire voler aussi. Et ça c'est inestimable.
Il faut encore que ça pousse un peu plus pour pouvoir me faire une tresse qui ne se défait pas en quelques minutes, mais ça va. Ca pousse.

05.02.2008

ça part pas. jfais quoi ?

Chaque jour l'envie de ne pas se lever, et chaque fois levé aussitôt retombé.
Souvent l'envie de se libérer, de tout briser, de hurler.
Toujours coincé, emprisonné, abandonné.
Ca gratte le coeur et le corps, ça veut tout le temps sortir, même si c'est déjà dehors, et on doit rire.

04.02.2008

Smoke

Qu'est-ce que ça te fait ?
Qu'est-ce que tu ressens ?
Qu'est-ce que ça t'apporte ?

Est-ce que tu le fais pas tu aimes ça, ou parce que tu en as besoin ?
Est-ce que tu arrives à oublier que ça va te tuer ?
Est-ce que tu arrives à t'en passer plus d'une minute ?

La sensation de chaleur dans tes poumons et ton corps est devenue indispensable ?
La sensation de tenir entre tes lèvres et entre tes doigts ton envie est devenue indescriptible ?
La sensation de mourir à petit feu sous la fumée est devenue agréable ?

Ou alors c'était déjà le cas.
Ou alors tu n'y croyais pas.
Ou alors tu fermais les yeux et ne rêvais pas.

Qu'est-ce que tu attends ?
Qu'est-ce que tu veux ?
Qu'est-ce que tu dis ?

Attends.
Reviens.
Respire.

Laisse-la tomber.
Revis.

01.02.2008

Opening

Obscurité.
Les mains accrochées aux petites choses artificielles qui grignotent les mots.
Le visage illuminé par la fenêtre ouverte sur cet autre monde.
Connexion.
Le dos douloureux appuyé contre le mur qui rattache à la réalité.
Les yeux fixés sur la vie pixélisée.
Oubli.

Il fascine par sa multitude. Il est Légion non parce qu'il le veut, mais parce que tous le veulent, et il n'est que leur outil. Il ne peut se défaire de cette fonction que lorsque ses maîtres l'estiment temporairement inutile, lui, fragile objet, créé par et pour les hommes. Mais il n'est pas leur esclave, car il les obsède. Il leur montre tant de possibilités que beaucoup deviennent fous, et il a sa vengeance. Il leur donne pour mieux leur reprendre. C'est un piège.

Debout ! Debout, marche, cours si tu le peux !
Avance et ne te retourne jamais, car s'il sent que tu le fuis, et que tu as peur de lui, alors tu es, tu as perdu.

29.01.2008

Où es-tu ?

Ici ? Là-bas ? Est-ce que tu te caches ?
Est-ce que tu es là, mais que tu refuses que je te vois ?
Dis-moi. Je suis curieuse, et j'aime la vérité, même si je ne cesse de mentir, d'ailleurs c'est peut-être pour ça.
Cache-chache virtuel, mortel.
Si tu es de la couleur du Soleil, moi je suis ce qui se reflète dans le crépuscule, dans le rouge de ses joues brûlantes.
Je voudrais savoir comment tu vas. J'attend. Je peux être aussi patiente que l'est la tortue, celle qui porte le Monde.
Tu es là ?


 

28.01.2008

Si tu tends l'oreille

Tu pourras entendre le son d'une clochette, le son du vent, le son de la vie qui s'agite autour de toi.
Tu pourras percevoir l'infime note que produit le monde, et peut-être accorder l'instrument que tu es à cette mélodie.
Tu pourras danser sur cette musique que nous voulons tous sentir un jour résonner dans notre coeur.

Si tu tends l'oreille, tu pourras trouver la force de continuer à sourire, et et la volonté de découvrir l'étincelle d'espoir que chacun a en soi, celle qui donne la lumière éclairant la partition de la vie.